dimanche, 13 juillet 2008

Quand la semaine est daubesque jusqu'au bout

J’en parle peu parce que ça reste un sujet délicat même si je suis aussi capable d’en rire : Cette saleté de Parkinson.

 

Dernière épreuve en date, hier soir. Je suis chez moi, il est 20h30, j’ai déjà enfilé ma tenue de souillon, posé mon assiette et allumé la télé pour me vautrer devant les Experts….

Ça sonne à la porte. J’avance vers la grille, je vois 2 flics… Je sais pour qui ils sont là.

Ce que j’essaie de percevoir en empruntant l’allée, c’est leurs yeux, leur mine, est ce que c’est grave ? Plus grave encore ?

Sont chiants quand même, ils pourraient faire un sourire quand il n’y a pas mort d’homme !!

 

Peter Pan, invité à un mariage, est seulement tombé, rien de catastrophique en soit. Sauf que c’est un Parkinsonien avancé, et que tout devient plus compliqué pour le soigner.

Il s’est cassé un doigt suffisamment mal pour devoir subir une chirurgie dès hier après midi.

 

Les « gentilles » personnes qui l’ont invité au mariage l’ont balancé à l’hosto et ciao gars ! On a des verres à boire et des danses stupides qui nous attendent, sans compter les 2 futurs divorcés qu’il faut congratuler.

 

Est venu ensuite le temps de joindre l’hôpital et surtout de trouver LE service ou Peter Pan avait atterri. Ils sont effrayants dans les hostos !

Je fini par avoir la bonne personne, lui explique la pathologie de mon père, ce à quoi elle me répond « nous savons, nous sommes dans un hôpital ! », sauf que, quand je lui ai dit que mon père était  fraîchement implanté et que toute radio ou IRM ou rayons quels qu’ils soient lui était formellement interdit, elle m’a répondu : « Implanté ? Mais de quoi ? »… Pas besoin d’en dire plus...

 

Bref pour finir me voilà au boulot ce matin…. Je vais devoir me barrer avant la fin de ma tranche pour aller le chercher. A priori le médecin ne veut pas qu’il sorte aujourd’hui, donc, je vais aussi devoir venir avec mon baril d’essence pour mettre le feu au bâtiment, mais ça ira !

 

mercredi, 27 juin 2007

L'odieux

Ce Parkinson, je le déteste.
Non seulement, il s’acharne sur mon père depuis 16 ans, mais j’ai la nette sensation qu’en plus de l’handicaper, il lui fait perdre le sens de la réalité.
Alors certes, mon père est le créateur du syndrome de Peter Pan. Le gamin qui est en lui ne s’est jamais endormi. Il est fan de Walt Disney, de bandes dessinées et considère que la seule musique digne de ce nom c’est le Classique. (Notamment, ce que l’on entend dans les dessins animés).

Et avec sa petite tête de linotte, il fait n’importe quoi.
Il perd ses papiers, donne de l’argent à n’importe qui (suffit de lui demander), s’imagine que les gens sont tous aussi gentils que lui et que personne, oh! non personne, n’a l’intention de profiter de sa gentillesse.
Du coup, il rencontre une bonne femme dans le bus, ils discutent et voilà pas qu’il lui donne son numéro de téléphone. Alors elle appelle, elle dit qu’elle vit dans un minuscule studio, que son frère qui est mort il y a plusieurs mois lui a pris tout son argent la semaine dernière ( si si, c’est possible !), que ce serait bien que quelqu’un s’occupe de mon papa maintenant qu’il est tout seul dans cette grande maison avec sa grosse retraite et sa belle voiture et les beaux bijoux de sa femme qui sont posés là dans le tiroir....
Et mon père lui, il voit rien. Il me dit qu’elle est bien gentille cette dame!

Je hais Parkinson. Il emprisonne mon très jeune papa dans un corps douloureux du matin au soir et rien n’y fera,.
Je sais déjà que cela ira de plus en plus mal, qu’un jour il ne pourra plus rester chez lui, que je serai obligée de le “placer” dans un établissement de merde ou il sera triste tout le temps et moi, j’irai le voir tous les jours si je peux, mais il sera triste quand même.

La famille, les amis, tout ce petit monde est déjà en train de le planter là parce que les gens, au bout d’un moment, ils se lassent, ils se disent que ça va mieux, comme si ce n’était qu’une grippe.
Les premiers temps, ils viennent, ils téléphonent tous les jours, puis ils viennent moins et plus...

Et pour en rajouter une couche dans le misérabilisme, mon père veuf depuis l’été dernier n’a même pas pu aller sur la tombe de sa femme à cause de ce fichu Parkinson !

Bon, ben je ne suis pas très joyeuse aujourd’hui, y’a des jours comme ça...

jeudi, 14 juin 2007

Demain

Demain, c'est l'anniversaire de mon Pôpa.

Mon père, c'est le plus fort, le plus gentil du monde (un peu trop), le plus tête en l'air de l'univers (vraiment trop), le plus généreux.... Mon père, c'est le meilleur.

Demain, il fêtera ses 67 ans et vu l'imagination débordante dont j'ai fait preuve il y a quelques semaines pour la fête des mères, je commence à angoisser sérieusement. Voir, la rubrique "dimanche 3 juin" pour vous faire une idée du désastre.

Seulement mon père, il a tout. De la perceuse visseuse dévisseuse qui fait le café à l'occasion à une collection impensable de cannes et de parapluies, tout y est. Je passe les écrans plats (y'en a qui ont du bol), les caméscopes, les appareils photo, les portables, les lecteurs VHS, CD, DVD, les enregistreurs du même type, bref, je me sens toute péteuse à l'idée de me pointer avec une cravate de Mickey ! Si vous avez des idées, c'est le moment, je bloque.

Sans compter que la fête des pères va suivre et que j'aimerais bien lui offrir autre chose qu'un tournevis !

Seule ombre au tableau, mon père est malade (franchement trop), un Parkinson qu'il traîne depuis une quinzaine d'années et qui l'enferme dans un corps immobile. Il a eu la chance de profiter d'une implantation d'électrodes dans le cerveau, ce qui lui permet d'être à peu près autonome. A la base, on pensait qu'avec ça, il pourrait à nouveau tout faire, repartir en montagne (il a fait 2 fois le Mont Blanc), aller aux champignons, au zoo, dans les parcs (c'est un fou de nature), seulement, au mieux, il peut tout juste aller chez l'épicier du coin et dans son jardin.

Il a fait du sport toute sa vie, s'est alimenté sainement, n'a pas fumé, pas abusé de l'alcool et il se retrouve cloué par cette saloperie alors, je vais vous dire un truc, abusez de tout !